
LE LEZARD ET LE PAPILLON
Un
lézard sifflotant, rêvassait au soleil
Quand une ombre sur ses yeux s’attarda.
Qui était l’importun, doté d’une
telle audace
Pour faire obstruction sur son corps,
Aux doux rayonnements célestes ?
Un oeil, puis deux, pour scruter
le gêneur
Qui ne semblait nullement décidé à partir !
“- Eh, bien ! C’est pour me dire
des mots de première importance
que vous battez des ailes au dessus de mon nez ou par bienveillance
pour rafraîchir mon repos ?”
“- Pensez donc ! J’ai d’autres
ambitions que de finir aussi
croustillant
qu’une peau de reptile au soleil !”
“- Ravi de l’entendre !... D’un battement d’ailes, cela suffira.”
“- D’un battement d’ailes, d’un
battement d’ailes...Facile à dire sous
ce soleil qui se
déplace où je m’agace à le sentir partout sur mes
écailles.”
“- Allons, allons, Messire Papillon. Juste un peu de souplesse et la fleur à deux pas ne le sera plus qu’à un, si votre empressement d’ombre vous précipite le vol.”
“- Me hâtez, dîtes-vous ! Parvenir à l’abri d’une chaleur écrasante et vous laisser, vous, lézard bien aimable griller sous d’ardents faisceaux brûlants ?...
“- Mais sachez, cher ami, pour votre gouverne, que si vous parliez moins, vous verriez que de nous deux, celui qui est à l’ombre n’est pas celui qui veut ! Car voyez-vous, ce léger fumet ne provient que de votre humble personne, rosie par les rayons d’une chaude journée ensoleillée !”
“- Comment ? Qu’est-ce donc...
Mais... mais...”
Et ce brave papillon
s’agita en tous sens, faisant battre ses ailes pour éteindre le
feu
qui
les consumait.
Affaibli, peu à peu, toucha terre,
essoufflé, abîmé... Non loin, son
voisin lézardait de
nouveau au soleil, éclairé d’un sourire aussi
radieux que pouvait l’être le souffle râleur, de cette “chenille”... à
présent, condamnée à ramper !...
Caroline Gasnos
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